Et j’ai krillé, krillé, baleine, pour qu’elle revienne … Lundi 20 juin

9h15 : Nous sommes à l’embarcadère des croisières AML. Y’a une flopée de gosses… pardon, de mômes. Il y a 2 classes de primaire. Avec Oui-oui, Virgule suppose que c’est du krill pour nourrir les baleines. C’est petit, très nombreux, ça grouille, ca crie(ll) et ça court dans tous les sens. En jetant régulièrement du krill dans l’eau, on devrait voir mieux les baleines. On voit sortir des zodiac (peu chargés) partir à la quête du même graal. On en reparlera.

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9h45 : On part … pour Sainte Catherine à 15 mn de là, pour embarquer d’autres passagers. Ce qui veut dire que sur les 3 heures de croisière, un sixième est consacré à ramasser les passagers. Bon. Dont acte. Le bateau embarque une autre fournée de krill !! y’a des gamins partout, ce qui affole la naturaliste qui est là pour « nous faire vivre l’expérience baleine » et nous convier « à la lutte pour sauvegarder le patrimoine du St Laurent à travers cette brochure de 29 pages en couleur traduite en 6 langes et en vente à notre boutique au pont inférieur » Ouf !! elle n’arrêtera pas de parler, souvent pour combler le vide. Le vide ? quel vide ? celui de la mer. La houle est forte, le vent violent, le bateau roule d’un bord à l’autre malgré sa taille et on se dit « on aurait pu être dans un zodiac et très, très mal ».

La mer est vide. On a beau nous répéter qu’il y a 4 grosses baleines rorqual dans la zone, on y tourne 30 mn dans un vent glacial sans rien voir. Mais c’est la vie aussi. Heureusement, les baleines ne sont pas dressées à se montrer. Une fois cela dit, on nous annonce que l’on va retourner dans le fjord du Saguenay pour tenter de voir autre chose, s’il y en a. Tout cela sous les haut-parleurs qui clament « je demande à tous les enfants d’arrêter de courir, et de s’asseoir ». Et ca continue à courir sans s’asseoir, en rigolant, bien sur.

Quelques remous, quelques embruns plus tard, eh, bien oui, à l’entrée du Saguenay, nous voyons des belugas. Enfin, « voyons » … c’est un grand mot. Pour ceux qui ont réussi à se pencher assez parce que l’avant du bateau est bondé. Les autres (nous, entre autres), apercevons des formes blanches qui passent dans les vagues, formes bien difficiles à distinguer de l’écume des milliers de petites vagues poussées par le vent. C’est pas gros, un beluga, à 200m. On tente les photos, ça donne cela.

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En tout, 30 secondes cumulées de dos de belugas. Certes, la compagnie n’y est pour rien, mais ça laisse un peu sur sa faim, à 80 $/personne. On débarque à 12H45 comme prévu à Tadoussac, après un petit tour dans le fjord pour voir un éléphant

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une cascade, et des phoques…… mais y’en a pas non plus, des phoques.

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Bref, ça sent le « plan B ». Au débarquement, une autre fournée de krill attend avec d’autres passagers. Bonne chance à eux.

En conclusion, on s’est demandé avec les Oui-Oui si les belugas n’étaient pas toujours là, et avec leurs capacités respiratoires plus faibles que celles des baleines, plus susceptibles d’être vus que celles-ci. Une sorte de bouée de secours disponible pour sauver la croisière (qui doit forcément « s’amuser »).

Comme on est vraiment mauvaise langue avec les Oui-Oui, on a même supposé que ce n’était peut être pas des dos de belugas, mais des bouées en forme de belugas peintes en blanc, qui remontaient du fond par télécommande. On vous a mis le schéma de principe pour mieux comprendre.

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Langue de vipère, Virgule et les Oui-Oui.

Bon, les 3 tentatives « voir les baleines » ayant échoué, on a quand même essayé et on recommencera.

3 réflexions au sujet de « Et j’ai krillé, krillé, baleine, pour qu’elle revienne … Lundi 20 juin »

    1. Un peu quand même. Mais toute l’économie du tourisme tourne là dessus dans la région. C’est aussi pour cela que l’on vient de créer la catégorie « Ca sent un peu l’arnaque »…

  1. À la pêche à la baleine, à la pêche à la baleine,
    Disait le père d’une voix courroucée
    À son fils Prosper, sous l’armoire allongé,
    À la pêche à la baleine, à la pêche à la baleine,
    Tu ne veux pas aller,
    Et pourquoi donc?
    Et pourquoi donc que j’irais pêcher une bête
    Qui ne m’a rien fait, papa,
    Va la pêpé, va la pêcher toi-même,
    Puisque ça te plaît,
    J’aime mieux rester à la maison avec ma pauvre mère
    Et le cousin Gaston.
    Alors dans sa baleinière le père tout seul s’en est allé
    Sur la mer démontée…

    Voilà le père sur la mer,
    Voilà le fils à la maison,
    Voilà la baleine en colère,
    Et voilà le cousin Gaston qui renverse la soupière,
    La soupière au bouillon.

    La mer était mauvaise,
    La soupe était bonne.
    Et voilà sur sa chaise Prosper qui se désole :
    À la pêche à la baleine, je ne suis pas allé,
    Et pourquoi donc que j’y ai pas été?
    Peut-être qu’on l’aurait attrapée,
    Alors j’aurais pu en manger.
    Mais voilà la porte qui s’ouvre, et ruisselant d’eau
    Le père apparaît hors d’haleine,
    Tenant la baleine sur son dos.
    Il jette l’animal sur la table,

    une belle baleine aux yeux bleus,

    Une bête comme on en voit peu,
    Et dit d’une voix lamentable :
    Dépêchez-vous de la dépecer,
    J’ai faim, j’ai soif, je veux manger.
    Mais voilà Prosper qui se lève,
    Regardant son père dans le blanc des yeux,
    Dans le blanc des yeux bleus de son père,
    Bleus comme ceux de la baleine aux yeux bleus :
    Et pourquoi donc je dépècerais une pauvre bête qui m’a rien fait?
    Tant pis, j’abandonne ma part.

    Puis il jette le couteau par terre,
    Mais la baleine s’en empare, et se précipitant sur le père
    Elle le transperce de père en part.

    Ah, ah, dit le cousin Gaston,

    On me rappelle la chasse, la chasse aux papillons.
    Et voilà
    Voilà Prosper qui prépare les faire-part,
    La mère qui prend le deuil de son pauvre mari
    Et la baleine, la larme à l’oeil contemplant le foyer détruit.
    Soudain elle s’écrie :
    Et pourquoi donc j’ai tué ce pauvre imbécile,
    Maintenant les autres vont me pourchasser en moto-godille
    Et puis ils vont exterminer toute ma petite famille.
    Alors éclatant d’un rire inquiétant,
    Elle se dirige vers la porte et dit
    À la veuve en passant :
    Madame, si quelqu’un vient me demander,
    Soyez aimable et répondez :
    La baleine est sortie,
    Asseyez-vous,
    Attendez là,
    Dans une quinzaine d’années, sans doute elle reviendra…

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